3 mois plus tard

Tout d’abord, en ce début d’année, nous tenons à vous adresser nos voeux les plus chaleureux pour 2017. Que cette année vous apporte joie, réussite et bien sûr de beaux projets !

De notre côté, voilà plus de 3 mois que nous sommes rentrés en France après ce voyage pas très banal…On nous a dit plusieurs fois que nous n’avions pas donné de nouvelles sur notre site. Voici donc une petite mise à jour sur les 3 mois qui se sont écoulés depuis que nos vélos ont posé leurs pneus en France !

Notre premier mois, nous l’avons passé en famille, mais dans le département de la Vienne (si si, il s’agit bien d’un département français, perdu au milieu de la France entre des champs et… des champs…)

Trouver un boulot !

Dès la fin Septembre, Nico a très vite décroché CDD d’1 an en tant que Chef de Projet Développement Durable au siège d’une grande enseigne (un certain « Mr. B », on vous laisse deviner J ). Après le Canada, il travaillera donc sur les approvisionnements en bois et les forêts (pour changer !) A partir de là, tout s’enchaine, direction Orléans. Il ne s’agit pas de notre ville idéale, (puisqu’on se voit davantage du côté de Bordeaux ou Toulouse) mais on se dit qu’il s’agit d’une belle opportunité à saisir, au moins le temps de trouver autre chose… Il faut dire que dans le domaine de Nico, 90% des jobs se situent en région parisienne, car la majorité des sièges des grandes entreprises y sont basés…). Or, nous ne voulons absolument pas retourner vivre à Paris, à cause d’une qualité de vie qui ne nous convient plus à l’heure actuelle.

Nous voilà donc partis pour le Loiret (un autre département perdu au milieu de la France, même si la proximité de Paris peut se révéler très pratique, car oui nous souhaiterions tous les avantages de Paris mais bien sûr sans les inconvénients).

Avoir un toit !

Nous enchainons donc 5 visites de logements sur une journée, et notre choix s’arrête sur un appartement avec un petit jardin, dans une résidence très récente aux abords d’Orléans. Déjà là, nous avons bien vu que la majorité des agences ne veulent pas vous louer si vous n’êtes pas en CDI… La « sur-demande » de garanties à la française est vraiment inquiétante voire angoissante. Cela traduit objectivement le climat de confiance désastreux qui règne ici… Et dire qu’en arrivant à Montréal nous avions loué notre appartement sans aucun job au préalable… Leurs agences ont pourtant bien besoin aussi de leurs rentrées d’argent mais qu’elle est donc la différence ? L’empathie et l’intelligence des gens peut-être, qui ne nous répondent pas seulement que « désolé mais votre dossier ne passera pas » …

Notre choix a donc été très réduit côté logement, mais heureusement, nous avons pu rencontrer un particulier qui nous a laissé notre chance… (Ouf ! On commençait à se dire que louer un appart en France était plus dur que de traverser le Canada en vélo…)

Nous voilà donc rassurés ! Le temps de pouvoir emménager dans notre nouvelle maison, nous joignons l’utile à l’agréable en allant chez Thibaut, le frère de Nico. Par chance, Thibaut habite à 1h d’Orléans. Nous squattons pendant une semaine, pour les premiers jours de travail de Nico, l’occasion de passer du temps ensemble (et aussi de prendre un bon apéro après le boulot !)

orleans

Prendre ses marques !

Nous voilà donc dans notre appartement, dans un petit village à 20 mn d’Orléans.

Il nous faut prendre beaucoup de nouvelles habitudes civilisées : terminée la vie de nomades sans contraintes. On enfile son costume, on n’oublie surtout pas de mettre une montre et c’est parti !

Nos habitudes doivent aussi s’adapter au mode de vie français (et même provincial, une grande première pour nous !).

On s’est pris de nombreuses claques dont celles-ci :

  • La voiture :

Bien sûr ici, les transports en commun c’est compliqué (pas de métro, un bus toutes les 30 mn voire plus…) Obligés de nous déplacer en voiture (polluante pour le moment, mais hybride bientôt !), coincés dans les bouchons et entourés d’automobilistes vraiment stressés et stressant ! (les français adooorent s’amuser avec le klaxon et les appels de phare !)

  • Le travail :

Le rythme n’est vraiment pas aussi intense qu’au Canada, les prises de décisions très longues et en France on respecte (enfin on vénère plutôt) le pouvoir hiérarchique ! Tout cela est très pesant pour amener un peu de changement dans le monde de l’entreprise (entreprendre c’est aussi décider et risquer…)

  • Les horaires d’ouverture :

Tout est fermé le dimanche, le soir en semaine il ne faut pas non plus tarder, et même pire: les commerces ferment à l’heure de midi ! Ahhhh ! Il ne faudrait surtout pas trop travailler… Le service client est de façon générale un concept qui n’existe pas en France (on ne compte plus le nombre de fois où les commerçants ne vous disent pas bonjour, ils sont d’ailleurs bien souvent très occupés à discuter entre eux de trucs très perso…)

  • Les gens :

C’est certainement le plus compliqué à gérer car nous sommes tous les jours surpris du manque de politesse, de civisme, et bien d’autres… Et c’est sans compter le manque d’ouverture d’esprit ! Par exemple, il est frustrant de constater le manque d’intérêt des gens pour ce que nous avons vécu au Canada (que ce soit l’expatriation ou notre délire en vélo). Non pas parce que nous nous prenons pour le centre du monde, mais simplement parce que nous constatons que « si vous n’êtes pas comme eux, vous ne les intéressez pas ! » C’est à vous de discuter de leurs sujets de conversation « classiques et normaux », de rentrer dans le moule, de s’adapter à leurs habitudes. Et eux, nous donnent juste l’impression qu’ils sont incapables de s’ouvrir à des choses qu’ils ne connaissent pas et de sortir un minimum de leur zone de confort ! Vous imaginez donc notre mal-être quand on sait que ces 2 dernières années nous avons rencontré tellement de gens ouverts, curieux, battants ou « easy going ».

Et le plus dur par rapport à tout cela, c’est que peu de gens nous comprennent ! Nous nous sentons donc bien seuls. Mais comme dirait une bonne amie, « vous avez la chance d’avoir vécu tout cela à 2, et ça c’est une force car l’autre sera toujours là pour nous comprendre».

  • La météo :

Ici, le ciel bleu est vraiment rare, souvent gris avec un beau brouillard. Contrairement à ce qu’on pourrait penser nous avons très froid, parfois plus qu’au Canada, car ici c’est un froid vraiment très humide !

  • Les sorties :

Orléans n’a pas réputation d’être la ville la plus « fun du monde » côté activités… En même temps, après Paris et Montréal, la barre est très haute.

Trouver un boulot n°2 !

En Novembre, peu après nous être installés à Orléans, Eme se voit proposer un job de consultante en logiciel de paie dans un cabinet. Une super opportunité ! Beaucoup de déplacements chez les clients dans toute la région, donc pas mal de route, mais ça vaut le coup d’essayer ! L’occasion de rester dans le même domaine, mais avec un angle un peu différent que dans un service paie. Et puis, après avoir bougés comme on a fait entre l’expat’ et le vélo, ça aurait été vraiment difficile de rester dans un bureau… (n’est-ce pas Nico ?) L’inconvénient c’est que ce n’est pas simple avec ce type de boulot en déplacement et sans horaires, de retrouver une stabilité (ce dont ont a pourtant besoin en ce moment pour reprendre du poil de la bête). Alors on s’accroche !

Au final…

Lors de notre retour en France, on s’était donné comme objectif d’être posés d’ici Noël. Pour nous, c’est mission accomplie car nous voilà donc à Noël, et nous avons tous les 2 retrouvé un job plutôt confortable et dans nos domaines respectifs, nous avons un beau petit appartement avec jardinet et nous sommes sur le point d’acheter une voiture récente et surtout hybride, signe que nous commençons à mettre fin à du provisoire et que nous visons maintenant du plus long terme…

Nous nous rendons compte de la chance que l’on a d’avoir tout cela aujourd’hui (et surtout de retrouver notre lit douillet chaque soir), mais de manière générale, dur dur de passer du mode survie dans un décor de rêve à l’ambiance tracas du quotidien et discussion de machine à café… La vie nous paraît bien fade et difficile. Alors que nous pensions que notre voyage en vélo nous renforcerai, pour l’instant, dans la société du quotidien, il nous a plutôt affaibli. Parfois, les choses nous paraissent très superficielles, les discussions tellement dérisoires ou ridicules, et nous les prenons avec beaucoup de recul, mais le lendemain, nous nous sentons dépassés par toutes ces choses que l’on n’arrive plus à gérer.

Par exemple, nous savons qu’un déménagement sera à prévoir car nous ne resterons à priori pas dans la région d’Orléans du fait de nos CDD. Il faudra retrouver un nouveau job et un nouveau logement, nous avons quelques mois d’ici là… mais cela nous épuise d’avance ! Nous sommes d’ailleurs encore très perdus, on se pose beaucoup de questions : repartir, mais où ? Dans le Sud ? Comme nous l’envisagions au départ, mais où les gens ont la réputation de ne pas toujours être très ouverts, dans le Nord ? Ca peut être bien mieux côté mentalité, mais pas côté météo et diversité des activités… A notre grande surprise, rester en France n’est finalement plus si évident. Et pourquoi pas la Suisse ? la Belgique ? L’Angleterre ?…

La question c’est aussi : et si finalement renter dans le moule n’était pas pour nous ? D’ailleurs, on est tombé sur une citation intéressante à ce sujet : « Plus on essaie de rentrer dans le moule, plus on a l’air tarte ! » ou encore « l’aventure est risquée mais la routine est mortelle ». A méditer non ?!

Bref, notre petit vélo continue à beaucoup pédaler depuis notre retour …

Du coup, pour essayer de décompresser, Nico se défoule énormément grâce au sport (il reste vraiment accro, il va à la salle de sport tous les midi, une façon de préparer ses prochains challenges sportifs : triathlon, ultra-trail, courses d’obstacles ou encore crossfit).

Eme quant à elle, mange, et surtout se remet à la vraie bonne cuisine ! Quel plaisir de retrouver les produits français ! Mais tout en conservant les réflexes healthy acquis à Montréal : moins de viandes, bien moins de plats préparés, etc.

Un esprit sain dans un corps sain, pas une résolution qui dure 2 semaines après la nouvelle année, mais plutôt un mode de vie que l’on compte bien garder et peut-être transmettre un jour… (ou pas)

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